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Vengeance de l'Aigle de Shaolin, LaHong Kong, 1978 Titre original
: Avenging Eagle Le cas typique de l'excellent film oublié. Certains connaissent peut-être le réalisateur, il a fait City War, un polar contemporain avec Chow Yun-Fat dans sa période "j'honore-contraint-et-forcé-mes-contrats-signés-avant-Le Syndicat du Crime". Mais Il y a aussi Ti Lung dans City War, et là c'est plus signifcatif, puisqu'il a joué aussi dans l'excellent The Deadly Breaking Sword (1979) du même réalisateur, et dans ce film donc. On raconte d'ailleurs que c'est grâce à Sun Chung que Ti Lung a pu trouver un second souffle après l'effondrement de la Shaw dont il était une des vedettes, bien qu'il ait connu pendant les années 80 une traversée du désert, avant de revenir sur le devant de la scène dans... Le Syndicat du Crime. Ce qu'on remarque d'emblée dans Avenging Eagle, c'est sa qualité technique hors du commun. Je ne parle pas des beaux décors "à la Shaw Brothers" (d'ailleurs le film est tourné principalement en extérieurs), mais de sa mise en scène tout simplement. Au bout de dix minutes on sait que l'on va voir quelque chose d'exceptionnel : les combats sont très nombreux, chorégraphiés et filmés avec une facilité et une grâce évidentes, Sun Chung sait ce qu'il fait et ça se voit, on n'est pas très loin des meilleurs films de Chang Cheh et Liu Chia-Liang. Les deux acteurs se complètent parfaitement bien, avec le noble Ti Lung qui utilise de façon ample et gracieuse son fléau à trois branches, tandis que le petit et râblé Fu Sheng se sert de deux courtes lames au bout de ses poignets. Selon les frères Armanet dans le magnifique bouquin "Ciné Kung Fu" (introuvable aujourd'hui car jamais réédité), ces armes ne sont pas choisies au hasard et illustrent, mieux qu'un long discours, la "psychologie combattante des personnages". (Note : appliqué aux guerriers dans l'auberge de Tigre et Dragon, cette théorie prouve ce que je pensais, à savoir qu'Ang Lee les tourne volontairement en ridicule). Sans résumer l'intrigue (elle tient debout et contient même un retournement de situation assez tordu à la fin qui vaut son pesant de cacahuètes), le thème principal du film voit une confrérie de super guerriers (13 en tout, comme les fils du dragon d'or) comettre toutes sortes de forfaits, dirigés par leur père (réel ou adoptif, on ne sait pas trop, surtout avec la VF), un vieillard tyrannique et cruel. Je me suis demandé si ce n'était pas une critique à peine déguisé du président de la compagnie, Sir Run Run Shaw, tellement on l'imagine bien comme ça, autoritaire et intraitable, dont l'intrangiseance envers ses acteurs (salaires de misères, y compris pour Bruce Lee, Wang Yu ou Jackie Chan qui ont tous préféré la Golden Harvest) a provoqué la chûte de la compagnie. Mais bon, ce n'est qu'une interprétation, l'essentiel est de voir ce film superbe qui n'a pas à rougir de la comparaison avec les oeuvres les plus reconnues du genre. Stéphane
Pons |
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